Piscines publiques “taille moyenne” : construire plus vite, mais surtout exploiter mieux (petites communes et périphéries)

1) Un besoin réel : le parc vieillit, les usages augmentent, les inégalités territoriales se creusent

En France, la piscine publique reste un équipement de “première nécessité sportive” : apprentissage du savoir-nager, natation scolaire, santé, inclusion, prévention des noyades, pratique encadrée. Pourtant, la situation est sous tension.

D’abord parce que le parc est vieillissant. La Cour des comptes rappelait déjà qu’au 1er avril 2017, la France comptait 4 135 piscines publiques (6 412 bassins) pour une surface totale d’environ 1,6 million de m² de bassins, avec une répartition très inégale selon les territoires.
Ensuite parce que beaucoup d’équipements ont été construits lors des grandes vagues des années 1960–1980 : certaines communes héritent aujourd’hui d’ouvrages en fin de cycle technique (béton, étanchéité, traitement d’air, réseaux, acoustique, etc.), ce qui se traduit en pratique par des fermetures temporaires ou prolongées.

Le Cerema observe ainsi que 40% des piscines publiques ont plus de 40 ans, et souligne l’impact des défauts de conception et d’une gestion énergétique parfois insuffisamment instrumentée sur la facture globale.
Par ailleurs, plusieurs analyses insistent sur l’alerte “fermetures / vétusté” et ses conséquences (scolarité, clubs, accès à la pratique, reports vers des milieux non surveillés).

Résultat : le “manque de piscines” est moins un problème de chiffre national brut qu’un problème d’accès local (temps de trajet, disponibilité de créneaux, capacités scolaires, amplitude d’ouverture) et de continuité de service (fermetures, restrictions, pannes). C’est précisément là que les modèles “taille moyenne” pour petites communes ou périphéries prennent tout leur sens : répondre à un bassin de vie de 20 000 à 40 000 habitants avec une solution robuste, exploitable et financièrement soutenable.

2) Oui, on peut mieux maîtriser le coût de construction… mais le vrai sujet reste le coût d’exploitation

Ces dernières années, les collectivités ont (re)découvert une règle simple : la piscine est un bâtiment d’exploitation avant d’être un bâtiment de prestige. Les démarches de conception “sobres” (compacité, hors-site, mutualisation, réduction des volumes à traiter, ventilation adaptée, scénarios d’occupation) permettent souvent de sécuriser l’investissement.

Mais il ne faut pas se tromper de combat : les charges de fonctionnement restent structurellement élevées.

Quelques repères publics utiles :

  • Le Cerema rappelle une consommation énergétique moyenne > 3 000 kWh par m² de plan d’eau, pouvant représenter jusqu’à 10% de la consommation énergétique totale d’une commune (et un coût annuel qui peut devenir très significatif selon le mix et la taille).

  • Le programme ACTEE (dossier pratique) donne un ordre de grandeur comparable (piscines pouvant atteindre ~2 800 kWh/m²/an de plan d’eau), très au-dessus d’un bâtiment tertiaire “standard”.

  • L’OFGL (DGCL) estime en 2019 un coût de fonctionnement moyen de 1 073 €/m²/an pour les piscines communales (hors amortissements), avec une dispersion importante ; il rappelle aussi la structure des charges : personnel majoritaire, puis énergie/chauffage, puis eau/assainissement, et un taux de couverture des recettes tarifaires souvent limité.

  • Une synthèse Banque des Territoires (sur une étude de fonctionnement) illustre la réalité du coût complet et des écarts selon typologies, avec des ordres de grandeur journaliers et un coût par usager variant selon le type d’équipement.

Conclusion opérationnelle : maîtriser l’investissement est nécessaire, mais insuffisant. La réussite d’une piscine “taille moyenne” se joue dans la capacité à tenir un coût global (CAPEX + OPEX) compatible avec la trajectoire budgétaire de la collectivité, tout en garantissant le service public (scolaires, clubs, grand public, santé).

3) Le cahier des charges “réaliste” d’une piscine moyenne pour petites communes / périphéries

Avant de choisir un modèle, il faut poser un cahier des charges de bon sens, orienté exploitation :

  1. Un bassin principal polyvalent (souvent 25 m, 4 à 6 lignes, profondeur “école” compatible), permettant d’enchaîner scolaire / clubs / public.

  2. Une capacité scolaire calibrée : deux classes en simultané si l’objectif est de sécuriser les créneaux et réduire les temps morts (vestiaires, douches, mise à l’eau).

  3. Une compacité architecturale : limiter les volumes d’air et les surfaces vitrées pénalisantes, sans dégrader l’expérience usager (confort hygrothermique, luminosité).

  4. Une stratégie énergétique dès la programmation : récupération, sobriété, pilotage, modulation selon l’occupation, compatibilité ENR (PV, géothermie, réseaux).

  5. Une maintenance “pensée dès le plan” : accessibilité aux organes, choix de technologies maintenables, P2/P3 anticipés, instrumentation et supervision.

  6. Une offre de services ciblée : mieux vaut peu d’options, mais rentables et exploitées (aquasport, apprentissage, santé), plutôt qu’une accumulation d’espaces sous-utilisés.

  7. Une trajectoire économique crédible : recettes possibles (écoles, abonnements, clubs, aquasport, bien-être) versus charges (personnel, énergie, eau, produits, maintenance).

C’est exactement sur ces points que certains concepts récents se positionnent.

4) Trois modèles à connaître : EAULISTIC, L’ESSENTIELLE, L’AQUANAUTE

Les trois propositions ci-dessous ne sont pas des “solutions magiques”. Ce sont des concepts qui cherchent à répondre à la même équation : aller vite, tenir un budget d’investissement, et réduire les charges structurelles (ou, au minimum, les rendre pilotables). La bonne approche consiste à les analyser comme une base de travail, puis à les auditer sur votre foncier, votre bassin de vie, vos contraintes scolaires et vos capacités d’exploitation.

A) EAULISTIC : promesse d’un modèle très sobre

EAULISTIC met en avant le modèle NAO, présenté comme un “lagon sous dôme écologique”. Il communique sur un coût de construction à partir de 2 M€ HT et un coût d’exploitation (énergie + fluides) < 25 k€ HT/an, avec une logique de fonctionnement mutualisé.

B) L’ESSENTIELLE : bassin nordique couvert, ventilation naturelle, chantier rapide

Le concept Essentielle se présente comme un bassin extérieur couvert (25 m, 4 lignes, profondeur constante), avec une forte mise en avant de la ventilation naturelle (réduction du traitement d’air), d’une conception visant à limiter certains coûts (bassin inox posé sur le sol, plages bois), et d’un chantier annoncé “moins d’un an” (part importante fabriquée en usine).

Le site annonce une piscine à moins de 4 M€ HT de travaux (coût d’opération < 5 M€ HT) et indique un coût d’exploitation annuel inférieur d’au moins 100 000 € par rapport à une piscine traditionnelle.
Il est aussi mentionné un coût d’étude sur esquisse de 38 000 € HT pour transformer un bassin existant.

C) L’AQUANAUTE : approche “clé en main” calibrée pour 20–30k habitants

Le site aquanaute-piscine.fr annonce un coût “à partir de 3 M€ HT” pour le modèle compact (incluant un périmètre large : études, béton, charpente, permis, maîtrise d’œuvre, contrôle, TCE, parking et ombrières photovoltaïques).
Le concept met aussi en avant des bassins couverts de 320 à 400 m², pour 70 000 à 90 000 entrées/an, dont 27 000 à 30 000 scolaires, correspondant à un bassin de population de 20 000 à 30 000 habitants.

5) Comment arbitrer entre ces modèles : 7 critères “coût global”

Pour une petite commune ou une périphérie de grande ville, l’arbitrage doit être objectivé. Voici une grille simple, alignée avec les enseignements des sources publiques :

  1. Capacité scolaire réaliste (flux, vestiaires, simultanéité, temps de rotation).

  2. Plan d’eau / services : dimensionner ce que vous êtes capables d’exploiter (pas ce qui fait rêver).

  3. Compacité et volumes d’air : chaque m³ inutile se paie en énergie et en maintenance.

  4. Pilotage et instrumentation (GTB, comptage, régulations, suivi) : absence d’instruments = dérives.

  5. Structure de charges : personnel d’abord, puis énergie, puis eau. Si votre modèle économique n’adresse pas le personnel (organisation, amplitude, productivité), il est fragile.

  6. Maintenabilité : accès aux équipements, simplicité, disponibilité des pièces, contrat P2/P3 anticipé.

  7. Trajectoire économique : recettes attendues crédibles, avec un plan d’actions (aquasport, abonnements, partenariats santé, politique scolaire).

6) Terminer un projet par le bon geste : l’accompagnement d’AQUA PROXIMA

Une piscine “moyenne” réussie est rarement un simple choix de concept. C’est une démarche de décision, qui sécurise :

  • la programmation (besoin scolaire, clubs, bassin de vie, amplitude) ;

  • le coût global (CAPEX + OPEX + maintenance + renouvellement) ;

  • la stratégie d’exploitation (organisation, service, expérience usager, recettes) ;

  • la robustesse technique (pilotage, maintenance, performance eau/énergie).

AQUA PROXIMA accompagne les collectivités et porteurs de projet sur ces dimensions, avec une approche orientée exploitation réelle : diagnostic de l’existant (si rénovation), assistance à la programmation, analyse comparée des scénarios techniques et économiques, et appui à la stratégie d’exploitation (organisation, maintenance, qualité de service, performance). L’objectif est simple : éviter de construire un équipement “beau sur plan” mais fragile en fonctionnement, et sécuriser une piscine soutenable pour 15 à 25 ans.

Références

  • Cour des comptes, Les piscines et centres aquatiques publics (RPA 2018, données de parc au 01/04/2017).

  • Cerema, Consommations et émissions CO₂ des piscines publiques (ordres de grandeur énergie, part communale, vieillissement).

  • OFGL / DGCL, Cap sur le coût de fonctionnement des piscines communales et intercommunales (structure de charges, €/m², taux de couverture).

  • ACTEE, Dossier pratique – réduction des consommations dans les piscines et centres nautiques (ordres de grandeur kWh/m²).

  • Banque des Territoires, Une étude met en lumière le vrai coût des piscines (coût complet et dispersion).

  • Fondation Jean-Jaurès, Piscines publiques : attention aux fermetures (alerte fermetures / parc vieillissant).

  • EAULISTIC, page NAO (éléments de positionnement et ordres de grandeur annoncés).

  • Essentielle Piscine, site officiel (concept, coût annoncé, exploitation, chantier).

  • Aquanaute Piscine, site officiel (coût “à partir de”, capacité, bassin de vie).