Été 2025 : la hausse des noyades impose une vigilance renforcée > Un bilan national qui appelle une réaction collective !

Le bilan publié le 5 mai 2026 par Santé publique France sur les noyades survenues durant l’été 2025 constitue un signal d’alerte majeur. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, 1 418 noyades ont été recensées en France, dont 409 suivies de décès, soit une proportion de 29 %. Par rapport à la même période en 2024, ces chiffres sont en hausse de 14 % pour l’ensemble des noyades et de 16 % pour les noyades suivies de décès.

Cette progression rappelle que la noyade demeure un risque de santé publique important. Elle ne concerne pas un seul type de public, ni un seul type de lieu. Le communiqué précise que les noyades touchent toutes les tranches d’âge et tous les types de lieux de baignade : mer, piscine, cours d’eau et plan d’eau.

L’été 2025 a également été marqué par des épisodes de fortes chaleurs ayant probablement contribué à l’augmentation des accidents. Le contexte climatique, l’allongement de la période favorable aux baignades et l’évolution des comportements imposent donc de renforcer la prévention, la surveillance et les messages de prudence.

1. Une augmentation nette des noyades pendant l’été 2025

Les chiffres communiqués sont particulièrement significatifs. Sur l’ensemble de la période estivale observée, 1 418 noyades ont eu lieu en France, dont 409 décès. La hausse par rapport à 2024 est nette : +14 % pour les noyades et +16 % pour les noyades suivies de décès.

Cette augmentation doit être interprétée comme un phénomène global. Elle ne renvoie pas seulement à des comportements individuels imprudents. Elle traduit aussi l’exposition accrue de la population aux lieux de baignade pendant les périodes de chaleur. Lorsqu’il fait très chaud, la recherche de fraîcheur conduit naturellement davantage de personnes vers les piscines, les plages, les cours d’eau ou les plans d’eau.

L’enjeu principal devient alors celui de l’adaptation : adapter les messages de prévention, adapter l’information du public, adapter la vigilance des familles, adapter la surveillance des sites de baignade et adapter les comportements individuels à la réalité du risque.

2. Les fortes chaleurs comme facteur aggravant

Le communiqué insiste sur le rôle probable des épisodes de fortes chaleurs dans la hausse des noyades. La période du 19 juin au 8 juillet 2025 est particulièrement révélatrice : 355 noyades ont été recensées, soit une augmentation de 135 %par rapport à la même période en 2024. Sur cette même période, 106 noyades ont été suivies de décès, soit une hausse de 172 %. Cette évolution est mise en lien probable avec une vigilance canicule orange ou rouge, qui a entraîné une augmentation de la fréquentation des sites de baignade.

Ce point est essentiel : la chaleur ne provoque pas directement la noyade, mais elle modifie les comportements. Elle pousse davantage de personnes à se baigner, parfois dans des lieux non surveillés, parfois dans des conditions physiques dégradées, parfois avec une moindre perception du risque.

La chaleur peut aussi favoriser la fatigue, les malaises, la déshydratation et les comportements impulsifs. Elle peut conduire à entrer dans l’eau trop rapidement, à surestimer ses capacités ou à se baigner dans des zones inadaptées. Le communiqué rappelle d’ailleurs l’importance de se renseigner sur les conditions météorologiques et de rentrer progressivement dans l’eau, notamment lorsque l’écart de température entre l’eau et l’air est important.

3. Toutes les tranches d’âge sont concernées

L’un des enseignements forts du bilan est que la noyade ne concerne pas uniquement les enfants. Durant l’été 2025, les adultes ont représenté 57 % des victimes de noyade, tandis que les moins de 6 ans ont représenté 27 % des victimes. Parmi les noyades suivies de décès, 9 noyades sur 10 ont concerné des adultes.

Cette donnée est importante, car la prévention des noyades est souvent associée aux jeunes enfants. Cette vigilance reste évidemment indispensable, mais elle ne suffit pas. Les adultes, notamment lorsqu’ils sont fatigués, fragilisés, isolés, en mauvaise condition physique ou exposés à des facteurs de risque, sont également fortement concernés.

Le communiqué mentionne aussi une augmentation préoccupante chez les adolescents de 13 à 17 ans, avec 21 décès en 2025 contre 10 en 2024.

Cette évolution doit conduire à renforcer les messages à destination des adolescents, notamment sur les risques liés aux cours d’eau, aux plans d’eau, aux baignades non autorisées, aux défis entre jeunes, à la surestimation des capacités physiques et à l’influence du groupe.

4. Les enfants et adolescents : une vigilance particulière

Le communiqué souligne que le nombre important de noyades observées chez les mineurs, enfants comme adolescents, doit faire l’objet d’une attention particulière en matière de prévention, en raison de la vulnérabilité de ces classes d’âge.

Chez les jeunes enfants, le danger tient souvent à la rapidité de l’accident. Une noyade peut survenir en quelques instants, dans peu d’eau, sans bruit et sans appel à l’aide évident. C’est pourquoi les recommandations sont très claires : il faut surveiller les jeunes enfants de manière active et permanente, ne jamais les quitter des yeux lorsqu’ils jouent au bord de l’eau, se baigner avec eux et désigner un seul adulte responsable de la surveillance pendant la baignade.

Chez les adolescents, le risque prend une autre forme. Il peut être lié à l’autonomie, à la recherche de sensations, à la baignade entre amis, à la méconnaissance des dangers des cours d’eau ou plans d’eau, ou encore à l’absence de surveillance directe. Le communiqué relève que 33 enfants et adolescents sont décédés d’une noyade en cours d’eau ou plan d’eau entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, contre 20 en 2024 sur la même période.

La prévention doit donc être adaptée à l’âge : surveillance rapprochée pour les plus jeunes, responsabilisation et information ciblée pour les adolescents.

5. Les cours d’eau et plans d’eau : des lieux particulièrement sensibles

Le communiqué indique que les décès par noyade en cours d’eau ou plan d’eau ont représenté environ la moitié des décès par noyade, quel que soit l’âge. Chez les enfants et adolescents, ces lieux ont représenté 58 % des décès dans cette classe d’âge.

Ces chiffres montrent que les milieux naturels ou semi-naturels présentent des risques spécifiques. Contrairement à une piscine surveillée, un cours d’eau ou un plan d’eau peut comporter des dangers moins visibles : courant, profondeur irrégulière, fond instable, obstacles immergés, eau froide, mauvaise visibilité, berges glissantes, fatigue liée à la distance, difficulté à regagner la rive.

Le communiqué mentionne également la campagne #coulepastonété de Voies navigables de France, destinée à sensibiliser aux dangers de la baignade dans les zones non autorisées du réseau fluvial, avec une attention particulière portée aux enfants et adolescents de moins de 18 ans.

La question des zones interdites ou non surveillées doit donc être prise très au sérieux. Se baigner dans un lieu accessible ne signifie pas nécessairement que ce lieu est autorisé, sécurisé ou adapté.

6. Les régions les plus touchées

Le communiqué précise que les régions du sud et les zones côtières de l’Hexagone ont enregistré le plus grand nombre de noyades. Quatre régions concentrent 59 % du total des noyades : Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 332 noyades, Nouvelle-Aquitaine avec 203, Occitanie avec 194 et Auvergne-Rhône-Alpes avec 114. Ces mêmes régions rassemblent près de 46 % des noyades suivies de décès.

Ces données s’expliquent probablement par la combinaison de plusieurs facteurs : forte attractivité touristique, présence de littoraux, plans d’eau, cours d’eau, fortes chaleurs, forte fréquentation estivale et diversité des pratiques aquatiques.

Mais la concentration géographique ne doit pas masquer un point essentiel : le risque de noyade reste national. Le communiqué rappelle que les noyades concernent tous les lieux de baignade. Une région moins touristique ou moins littorale n’est pas pour autant exempte de risques, notamment lorsqu’elle compte des cours d’eau, bases de loisirs, piscines privées, plans d’eau ou zones de baignade non surveillées.

7. Le changement climatique modifie la période de risque

Le communiqué établit un lien entre le changement climatique, l’allongement de la période propice aux baignades et la nécessité d’adapter la surveillance. Santé publique France indique qu’à partir de 2026, la surveillance des noyades commencera dès le 1er mai, afin de tenir compte de conditions météorologiques plus clémentes dès le mois de mai.

Cette décision est importante. Elle signifie que la saison du risque ne se limite plus au cœur de l’été. Les premières chaleurs peuvent entraîner une fréquentation anticipée des lieux de baignade. Or, en début de saison, les réflexes de prévention peuvent être moins présents, certains dispositifs de surveillance peuvent ne pas être pleinement activés et les usagers peuvent sous-estimer les risques.

L’allongement de la période de baignade impose donc un changement de regard. La prévention ne doit pas démarrer au moment où les accidents se multiplient. Elle doit être anticipée, répétée et adaptée aux conditions météorologiques réelles.

8. Les personnes âgées : une prévention spécifique nécessaire

Le communiqué accorde une attention particulière aux personnes âgées. Il indique qu’une étude de Santé publique France sur les facteurs de risque de gravité des noyades a montré que les personnes de 65 ans et plus ont trois fois plus de risque que leur noyade soit grave par rapport aux enfants de 0 à 5 ans. La gravité est définie par l’indication d’un décès, d’une anoxie ou d’une hospitalisation longue.

Cette donnée doit modifier la manière de parler de prévention. Les personnes âgées peuvent être de bons nageurs, avoir une longue expérience de la baignade et se sentir en confiance. Mais l’âge, l’état de forme, les maladies chroniques, les traitements médicamenteux, la fatigue ou les problèmes cardiovasculaires peuvent augmenter la vulnérabilité.

Les recommandations sont claires : adapter l’intensité et la distance de nage à ses capacités, tenir compte de son état de forme, ne pas surestimer son niveau de natation et demander conseil à un médecin ou à un pharmacien en cas de maladie chronique ou de prise de médicaments.

La prévention des noyades chez les personnes âgées doit donc être pensée avec respect et précision. Il ne s’agit pas d’interdire ou d’inquiéter, mais d’encourager une pratique adaptée, lucide et progressive.

9. L’alcool : un facteur de risque majeur

Le communiqué identifie clairement la consommation d’alcool comme un facteur augmentant le risque de noyades graves et mortelles. Il rappelle que l’alcool altère le jugement, augmente la prise de risque, dilate les vaisseaux sanguins avec un risque d’hypothermie, et diminue la réactivité des voies respiratoires, ce qui réduit les chances de survie dans l’eau.

Pour l’été 2026, les ministères chargés de la Santé et des Sports prévoient de renforcer les messages de prévention sur ce sujet, dans le cadre d’un partenariat avec Voies navigables de France. Le communiqué précise que les noyades impliquant l’alcool ont majoritairement lieu dans des cours d’eau ou plans d’eau.

Le message est simple : il faut éviter toute consommation d’alcool avant et pendant une baignade ou une activité nautique, privilégier l’eau pour s’hydrater, ne pas piloter d’engins nautiques en cas de consommation et s’éloigner des bords de l’eau pour éviter les chutes.

Cette prévention est essentielle, car l’alcool diminue précisément les capacités nécessaires pour faire face à un danger dans l’eau : jugement, coordination, respiration, réaction, endurance et perception du risque.

10. Apprendre à nager : un levier fondamental de prévention

Le communiqué rappelle que l’apprentissage de la nage est un élément clé de prévention. Il recommande de familiariser les enfants au milieu aquatique dès le plus jeune âge et de leur apprendre à nager le plus tôt possible. Il distingue notamment les bébés nageurs jusqu’à 3 ans, l’aisance aquatique de 4 à 6 ans, puis l’apprentissage de la nage à partir de 6 ans.

Cette progression est importante. La prévention ne commence pas seulement au moment où l’enfant apprend techniquement à nager. Elle commence par la familiarisation avec l’eau, la construction de repères, l’aisance, la confiance, la capacité à flotter, à respirer, à se déplacer et à réagir.

Le communiqué ajoute qu’il est toujours temps d’apprendre à nager, quel que soit son âge.

Ce message est particulièrement important pour les adultes. Beaucoup de personnes n’ont jamais appris à nager, ou ont appris de manière insuffisante. D’autres n’ont pas pratiqué depuis longtemps et surestiment leurs capacités. La prévention doit donc concerner toute la vie, pas seulement l’enfance.

11. Les bons gestes pour une baignade plus sûre

Le communiqué propose plusieurs conseils simples, mais essentiels. Il recommande de respecter les consignes de sécurité et les interdictions de baignade, de privilégier les zones surveillées par des sauveteurs professionnels, de se renseigner sur les conditions météorologiques, d’écouter son corps et de reporter la baignade en cas de fatigue ou de problème de santé.

Ces recommandations peuvent sembler évidentes, mais elles sont précisément celles qui font souvent défaut dans les situations d’accident. Le risque augmente lorsque l’on banalise l’environnement aquatique, lorsque l’on ignore une interdiction, lorsque l’on entre dans l’eau fatigué, lorsque l’on surestime son niveau ou lorsque l’on se baigne seul sans prévenir.

Le communiqué recommande également de prévenir un proche avant de se baigner et d’entrer progressivement dans l’eau en mouillant la tête, la nuque et le ventre afin d’éviter les chocs thermiques, en particulier lorsque l’écart de température entre l’eau et l’air est important.

Ces gestes simples traduisent une idée forte : une baignade sûre est une baignade préparée.

12. Une prévention qui doit s’adapter en temps réel

Santé publique France indique qu’au cours de l’été 2026, trois points de situation seront partagés avec les acteurs impliqués dans la surveillance et la prévention. Ces points permettront de suivre l’évolution du nombre de noyades recensées et d’adapter les messages de prévention durant toute la saison.

Cette démarche est particulièrement intéressante, car elle montre que la prévention ne peut pas être figée. Les risques évoluent selon la météo, les périodes de vacances, les épisodes de chaleur, les comportements, les lieux fréquentés et les populations exposées.

Une prévention efficace doit donc être réactive. Elle doit s’appuyer sur les données, identifier les périodes critiques et renforcer les messages au moment où le risque augmente.

Conclusion — La vigilance doit devenir permanente

Le bilan de l’été 2025 montre que la noyade reste un risque majeur, souvent sous-estimé. Avec 1 418 noyades, dont 409 décès, la hausse observée par rapport à 2024 impose une réaction collective. Les fortes chaleurs, l’allongement de la période de baignade, les risques spécifiques chez les enfants, les adolescents, les adultes et les personnes âgées, ainsi que le rôle aggravant de l’alcool, montrent que la prévention doit être renforcée à tous les niveaux.

Le message du communiqué est clair : chacun doit rester vigilant. Les enfants doivent être surveillés activement et en permanence. Les adolescents doivent être sensibilisés aux dangers des lieux non autorisés ou non surveillés. Les adultes doivent tenir compte de leur état de forme. Les personnes âgées doivent adapter leur pratique à leurs capacités. La consommation d’alcool doit être évitée avant et pendant la baignade. Et, pour tous, les zones surveillées doivent être privilégiées.

La baignade doit rester un plaisir. Mais ce plaisir suppose des gestes simples, une attention constante et une conscience claire du risque.

La prévention des noyades n’est pas seulement une campagne estivale. C’est une responsabilité partagée, qui commence avant l’entrée dans l’eau et se poursuit tout au long de la baignade.