Carnet sanitaire en piscine publique : du papier au numérique, passer de l’archive au pilotage
Dans une piscine publique, la qualité de l’eau n’est pas un “sujet technique” parmi d’autres. C’est un pilier d’exploitation : continuité de service, sécurité des usagers, confort de baignade, protection des agents, et maîtrise du risque réglementaire. Et, au centre de ce pilotage, il y a un objet souvent mal aimé mais incontournable : le carnet sanitaire.
Pendant des décennies, il a été pensé comme un registre de conformité : on remplit, on classe, on conserve. Mais la réalité d’exploitation a changé : équipements multi-bassins, équipes tournantes, sous-traitants, astreintes, pression accrue sur les coûts et l’énergie, exigences renforcées sur la traçabilité et la réactivité. Résultat : le carnet sanitaire “papier” est fréquemment vécu comme une charge administrative… alors qu’il devrait être un outil de décision.
L’enjeu, aujourd’hui, est clair : transformer le carnet sanitaire en système de pilotage. C’est précisément ce que permet le passage au numérique, à condition de le faire avec méthode, exigences, et pragmatisme terrain.
1) Le carnet sanitaire : une obligation… et un levier opérationnel
1.1. Un socle réglementaire structurant
La réglementation sanitaire applicable aux piscines impose un ensemble d’obligations de surveillance et de contrôle, avec des limites et références de qualité à respecter. Le Code de la santé publique précise que les eaux de piscine doivent notamment répondre à des exigences microbiologiques et physico-chimiques, avec des seuils définis par arrêté.
Ces seuils sont encadrés, entre autres, par l’arrêté relatif aux limites et références de qualité des eaux de piscine (arrêté du 26 mai 2021), dont les annexes définissent les paramètres à suivre.
Enfin, les textes ont évolué récemment : des modifications réglementaires sont venues ajuster certains paramètres et notes techniques (notamment via des arrêtés de fin 2025).
1.2. Ce que l’ARS attend réellement lors d’un contrôle
Dans les faits, un contrôle ARS ne se résume pas à un prélèvement. Les agences rappellent régulièrement que l’exploitant doit tenir à jour un carnet sanitaire consignant les résultats d’analyses de surveillance, des éléments d’exploitation (fréquentation, relevés, etc.) et, plus largement, tout ce qui permet de démontrer la maîtrise sanitaire.
Il faut bien comprendre le sous-texte : le carnet sanitaire est la preuve de votre système de maîtrise. Il doit permettre de reconstituer :
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l’état sanitaire d’un bassin à une date/heure donnée,
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les décisions prises,
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les actions correctives,
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et la continuité de gestion malgré les absences, roulements d’équipe ou prestataires.
2) Pourquoi le carnet sanitaire “papier” échoue souvent à piloter
Le papier a une vertu : il existe même sans batterie ni réseau. Mais il a trois limites structurelles qui expliquent la plupart des dérives observées sur site.
2.1. Le papier archive, il n’alerte pas
Un registre papier ne “voit” rien. Il ne détecte pas une tendance, une dérive lente, une incohérence de mesure, ou une répétition d’écarts. On constate trop souvent :
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une lecture fragmentée (une page = un instant),
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peu ou pas de consolidation multi-bassins,
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des écarts repérés trop tard, parfois après réclamations usagers ou signaux faibles (odeur, irritation, eau terne).
C’est exactement le constat résumé dans la présentation Naly : le carnet sanitaire papier “ne pilote rien”, il archive.
2.2. Des calculs “de tête” et des interprétations variables
Même lorsque les relevés sont réguliers, leur exploitation est hétérogène. Deux exemples classiques :
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chlore actif : il dépend du pH et de la température (et des hypothèses de calcul), donc les décisions peuvent varier selon l’agent, l’habitude, ou l’urgence ;
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chlore combiné / chloramines : l’indicateur est relevé, mais son interprétation et le déclenchement d’actions (aération renforcée, renouvellement d’eau, adaptation du traitement, restriction d’usage) n’est pas toujours standardisé.
Or, les chloramines (dont la trichloramine) sont identifiées comme un enjeu de santé au travail dans les établissements aquatiques, avec des recommandations de prévention (ventilation, maîtrise des sous-produits de chloration, etc.).
2.3. Une traçabilité “fragile” en situation réelle
En exploitation, les moments critiques sont précisément ceux où la traçabilité papier est la moins robuste :
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pics de fréquentation,
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incident fécal/vomissures,
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dérive rapide de pH,
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panne dosage,
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changement d’équipe,
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intervention d’un prestataire.
La réglementation prévoit d’ailleurs que la personne responsable mette en place des procédures internes, notamment pour la gestion des non-conformités et des situations exceptionnelles. Le carnet sanitaire doit pouvoir démontrer l’application effective de ces procédures.
3) Ce que doit contenir un carnet sanitaire “utile” (papier ou numérique)
Avant de parler numérique, rappelons l’objectif : produire une information exploitable. Un carnet sanitaire efficace doit couvrir, de manière structurée :
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Surveillance de l’eau : pH, désinfectant, chlore combiné, température, paramètres spécifiques selon filière (et éléments pertinents du traitement).
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Fréquentation (au minimum par journée, idéalement par plage horaire) : car elle explique une part des dérives.
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Événements : incidents, retours usagers, anomalies visuelles/olfactives, interventions techniques.
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Actions correctives : quoi, quand, par qui, avec quel résultat (et vérification).
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Contrôles officiels et autocontrôles : résultats, suites données, conformité, décisions.
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Traçabilité des procédures exceptionnelles : incident fécal, vomissures, fermeture préventive, etc.
Le papier peut le faire… mais au prix d’un effort permanent, et avec une exploitabilité limitée.
4) Le passage au numérique : de la conformité à la décision
4.1. Les bénéfices attendus (et vérifiables)
Le numérique n’a d’intérêt que s’il répond à des irritants opérationnels précis. Dans une logique d’exploitation, on attend qu’il apporte :
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Saisie terrain rapide (mobile/tablette), au plus près du bassin et du local technique ;
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Calcul automatique des indicateurs clés (ex. chlore actif) et détection d’incohérences ;
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Alertes contextualisées en cas d’écart, dérive ou cumul de signaux faibles ;
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Historique exploitable dans le temps (tendance, saisonnalité, comparaison bassins) ;
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Traçabilité complète des actions, corrections, responsables et délais.
C’est exactement la proposition de valeur mise en avant par Naly : transformer des relevés en décisions, avec saisie terrain simple, calculs instantanés (dont chlore actif), alertes avant incident, vision multi-bassins et traçabilité.
4.2. L’enjeu clé : standardiser sans déshumaniser
Le point de vigilance, c’est l’acceptation par les équipes. Un bon outil numérique ne “remplace” pas l’expertise terrain ; il la cadre et la rend immédiatement exploitable.
Sur ce point, l’approche “sans formation lourde” et “compatible méthodes actuelles” est déterminante : si l’outil impose une refonte totale des habitudes, il échouera. La présentation Naly insiste d’ailleurs sur le déploiement simple : pas de matériel spécifique, prise en main immédiate, et continuité même en cas d’absence.
5) De quel numérique parle-t-on ? Le cas d’un carnet sanitaire “pilotant” (exemple type)
Pour illustrer concrètement ce que change un carnet sanitaire numérique bien conçu, prenons les fonctionnalités “pilotage” qui répondent directement aux enjeux ARS, direction et exploitation :
5.1. Saisie “terrain” des relevés réglementaires et d’exploitation
L’objectif n’est pas de faire joli. C’est de réduire le coût temps et la variabilité. Une saisie rapide permet :
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d’éviter les relevés “reconstitués” après coup,
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d’augmenter la fréquence réelle de mesure,
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de sécuriser les horaires et la signature (qui a fait quoi).
C’est une brique explicitement visée par Naly : saisie terrain simple sur mobile/tablette, adaptée au quotidien.
5.2. Calcul automatique des indicateurs “décisionnels”
Le carnet sanitaire papier note des valeurs. Un carnet numérique interprète (dans un cadre paramétré) :
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chlore actif,
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cohérences de mesures,
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dérives,
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seuils d’alerte par bassin.
5.3. Alertes contextualisées : agir avant l’incident
Le pilotage, c’est la précocité. Une alerte utile doit dire :
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quel paramètre dérive,
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sur quel bassin,
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depuis quand,
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et suggérer une logique d’action (procédure interne, vérification, correction, contrôle).
Cette logique “proactive” (agir avant le problème, pas après) est également au cœur du positionnement Naly.
5.4. Historique lisible, explicable et exploitable
En contrôle, on ne vous demande pas une “photo”, mais une capacité à démontrer votre maîtrise :
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tendances,
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cohérence des actions,
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répétitions d’écarts,
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et amélioration dans le temps.
C’est ici que le numérique devient un outil de direction : moins de stress, décisions basées sur des faits, continuité d’exploitation (même avec turnover).
6) Conditions de succès : ce que je recommande en tant qu’exploitant/AMO
Le numérique est un accélérateur, pas une baguette magique. Pour réussir, je recommande un cadrage en 6 points.
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Définir le “minimum vital” de données (ne pas tout digitaliser d’un coup).
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Aligner les seuils d’alerte et procédures internes (qui fait quoi quand il y a alerte ?).
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Travailler multi-acteurs (régie, DSP, prestataires) : mêmes règles de saisie, même logique de traçabilité.
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Organiser la revue hebdomadaire : 30 minutes de “revue sanitaire” (tendances + points durs).
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Préparer le contrôle ARS : un mode “démonstration” (historique, actions correctives, preuves).
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Ne pas oublier la santé au travail : l’objectif n’est pas seulement la conformité eau, mais aussi la réduction des expositions et irritants (chloramines, ambiance).
Conclusion : le carnet sanitaire doit devenir un instrument de management
La question n’est plus “papier ou numérique” par principe. La vraie question est : pilotez-vous réellement votre qualité d’eau, ou la subissez-vous ?
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Si le carnet sanitaire est un classeur que l’on complète “par obligation”, vous passez à côté de son potentiel.
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S’il devient un outil qui transforme des relevés en décisions, il change votre exploitation : moins d’urgences, moins de sur-traitement, plus de constance, plus de sérénité, et une réponse ARS plus solide.
Le numérique, lorsqu’il est pensé pour les équipes terrain et la réalité multi-bassins, permet ce basculement : du registre vers le pilotage. Et, dans un contexte de pression budgétaire et de tolérance zéro sur le risque sanitaire, c’est un investissement de maturité d’exploitation autant qu’un choix d’outil.
Références (sélection)
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Code de la santé publique – dispositions sur les piscines et procédures de gestion des non-conformités.
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Arrêté du 26 mai 2021 relatif aux limites et références de qualité des eaux de piscine (et annexes).
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Évolutions réglementaires fin 2025 (modifications d’arrêtés relatifs aux eaux de piscine).
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ARS : rappels sur l’obligation et le contenu attendu du carnet sanitaire.
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INRS – Trichloramine : prévention du risque d’exposition en piscines et centres aquatiques.
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ANSES – Risques sanitaires des piscines à usage collectif (sous-produits de désinfection, expositions).
- Support de présentation “Naly” (pilotage sanitaire numérique : saisie, calculs, alertes, historique, traçabilité).